Glanes, le cahier de 1860

Mallarmé au lycée de Sens entreprend de recopier dans des cahiers les pièces poétiques qu’il découvre et qu’il préfère. En premier lieu, les poèmes de Poe, de Baudelaire, puis les poètes de la Pléiade, et quelques classiques aujourd’hui oubliés. Il y traduit littéralement les poèmes de Poe, débutant ainsi son œuvre de traducteur.
Voici l’index de ces cahiers de 1860 :
[en travaux]
Cahier I
Edgar Poe :

  • A Hélène.
  • Ulalume.
  • A quelqu’un qui est dans le paradis.
  • Annabel Lee.
  • Eulaly.
  • Le Colisée (fragment).
  • Le Corbeau.
  • Léonore.

Charles Baudelaire

  • Au lecteur.
  • Bénédiction.
  • Beauté.
  • La Muse vénale.
  • L’Homme et la Mer.
  • L’Idéal.
  • Tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle…
  • Avec tes vêtements ondoyants et nacrés…
  • Une charogne.
  • Une nuit que j’étais près d’une affreuse juive…
  • Tout entière.
  • Causerie (« Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose… »).
  • La Cloche fêlée.
  • Spleen.
  • Tristesses de la lune.
  • Le Mort joyeux.
  • Le Revenant.
  • La Servante morte.
  • Le Crépuscule du matin à Paris.
  • A une mendiante rousse.
  • Les deux bonnes sœurs.
  • Femmes damnées.
  • La Béatrice.
  • Une martyre.
  • Voyage à Cythère.
  • Injustice (Caïn et Abel).
  • Litanies de Satan.
  • Le Reniement de saint Pierre.
  • Le Vin de l’assassin.

Joachim du Bellay :

  • Un vanneur de blé.
  • Une promenade en barque avec ma maîtresse.
  • Sonnet : Las! où est maintenant ce mépris de fortune.
  • A un ami poète.
  • A Vénus.

Jacques Gohorry

  • La jeune fille est semblable à la rose…

François Villon

  • Ballade des dames du temps jadis
  • Je vis par la serrure

Brodeau

  • Mes beaux pères religieux

Baïf

  • Amour oiseau
  • Le printemps…
  • Je n’aime ni la pucelle…

Remy Belleau

  • Avril

Magny

  • Je l’aime bien pour ce qu’elle a les yeux…
  • Sonnet des saisons

Jacques Tahureau

  • Baisers

La Taille

  • Le courtisan
  • Elle est comme la rose franche

Desportes

  • Prière
  • Sonnet : Les premiers jours qu’Amour range sous sa puissance
  • Printemps
  • Si je ne loges en ces maisons dorées…
  • Chanson : Rosette pour un peu d’absence…
  • Un doux trait de vos yeux, ô ma fière déesse !…
  • Sonnet à Philis
  • Je t’apporte, ô sommeil, du vin de quatre années…

Bertaut

  • Mes plaisirs se sont envolés

CAHIER II
Poésies diverses :

  • Les belles de nuit, de Paul Féval
  • L’Académie française, de Alfred de Musset
  • Le Rossignol, de Alphonse de Lamartine

Poésies choisies de Sainte-Beuve :

  • Les Rayons jaunes
  • Le Cénacle
  • Au plus fin diamant
  • Les Larmes de Racine
  • Le Rendez-vous
  • A David d’Angers (statuettes)
  • A George Sand
  • Dans ce cabriolet de place j’examine…
  • Ma Muse

Poésies diverses :

  • La Vierge, d’Alphonse Karr
  • Funérailles de Sir John Moore, par C. Wolf

Fragments de Châtiments, par Victor Hugo :

  • Fragment… Donc cet homme s’est dit…
  • Les morts de 1852 ? Fragment : où sont-ils ?
  • Nox
  • Un bon bourgeois dans la maison
  • Cette nuit-là
  • Aux morts du quatre décembre
  • L’Obéissance passive
  • Fable ou histoire
  • Chanson. Courtisans attablés dans la splendide orgie…
  • Résignation (titre de Mallarmé)

Poésies diverses :

  • Grand concours 1860 ? par Richard
  • Le Buisson ardent, par Auguste Vacquerie
  • Trinité, par Auguste Vacquerie

Iambes d’Auguste Barbier :
Fragments

  • O race de Paris, race au cœur dépravé
  • La Curée
  • L’Idole

Poésies diverses d’Edgar Poe (texte anglais)
CAHIER III
I. XVIe siècle (suite)
Vauquelin

  • Entre les fleurs, entre les lys…
  • O vent plaisant, qui, d’haleine odorante
  • Idillies. O Galatée…
  • Sitôt qu’on mettra les troupeaux…
  • L’hiver ridé n’a poin gâté…

Passerat

  • Mais, dites-moi, que signifie…
  • Premier jour de mai.
  • Chanson : Belle, ta beauté s’enfuit…
  • Sonnet : Sire Thulène est mort, j’ai vu sa sépulture…
  • Epitaphe : Jean Passerat ici sommeille.

Olivier Basselin

  • A mon nez
  • En buvant du meilleur

Durant :

  • J’aime la belle violette…
  • Charlotte si ton âme…

Vauquelin

  • Mon fils, plus je ne chante ainsi comme autrefois…

d’Aubigné

  • Si quelqu’un me reprend que mes vers échauffés…
  • Si tu pouvais connaître ainsi que je connais…
  • Une mère étrangèr, après avoir été…
  • Les cendres des brulés sont de précieuses graines…

Fragment de la satire des Princes :

  • Si depuis quelques temps vos rimeurs hypocrites…

2. Autres extraits des mêmes poètes.
J.du Bellay

  • D’où vient cela Mamy que tant plus on s’efforce…
  • Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage…

Butaut :

  • Incrédule beauté, votre seule ignorance…

Desportes :

  • O nuit, jalouse nuit contre moi conjurée…

J.Bertaut :

  • Les Cieux inexorables….
  • Mais las ! pourquoi faut-il que les arbres sauvages…

Baïf :

  • Quel destin favorable ennuyé de mes peines…

J.Passerat :

  • Métamorphose d’un homme en coucou

Baïf :

  • Hélas si tu prends garde aux erreurs que j’ai faites…
  • De l’aimable Cypris ô lumière dorée !…

R. Belleau

  • La Colombe et le Passant
  • Ah ! que plut aux Dieux que je fusse…

De Magny

  • Quand je te vois au matin…

Baïf

  • Je vas mourir, par la mort désirée…

Martin franc

  • Les Oies

Baïf :

  • Le Loup et l’Enfant

François Habert

  • Le Coq et le Renard

Jean Vauquelin père

  • La Belette

Poésies diverses
Henry Murger

  • Au lecteur
  • Dédicace de la Vie de Bohème
  • La Chanson de Musette
  • Le Chien du Braconnier
  • Le Testament
  • Cent ans d’honneur héréditaire

Extraits des sonnets humoristiques de Joséphin Soulary :

  • A son imprimeur
  • Rêves ambitieux
  • Rimembranza
  • Les Deux Cortèges

André Lemoyne

  • Où sont-ils ?

Dupré

  • A Madame Combardi, cantatrice (Lorsque du rossignol!…)

Al. Dumas

  • En me promenant hier au village

L.Veuillot

  • Heureux le cœur glacé que nul chagrin n’éveille

Théophile de Viau

  • Au prince d’Orange
  • Contre l’hiver
  • Que la feuille soit revenue
  • Le Matin
  • Sur une tempête
  • Je vous donne ces vers pour nourrir vos douleurs
  • Quand tu me vois baiser tes bras
  • A M.D. sur la mort de son père
  • Dedans la sépulture
  • Pour contempler une ombre
  • Mais cet autre poète est bien plein de ferveur

J.Janin

  • A Marie

A.Esquirol

  • Je ne vous dirai pas que ma belle est parfaite

Ed.Texier

  • Vous rappelez-vous chère enfant.

Alf.Busquet

  • Pour toi, j’ai tout perdu, repos et poésie…

Aug. Vitu

  • Courtisanes

Ch.Dovalle

  • Premier désir

A.Dumas fils

  • Portrait
  • … J’avais Voilà six ans à peine une jeune maîtresse…

J.-P. Camus, évêque de Belley, 1650

  • Oraison funèbre du Prince de Rantzau (fragment)

Henri IV

  • Chanson

Pierre Gringoire

  • Le Mariage

Mme Deshoulières

  • Sur le Phèdre, de Racine

Claude Ballif

Claude Ballif est un compositeur français, né le 22 mai 1924 à Paris, il étudie auprès d’Olivier Messiaen, de Boris Blacher et de Hermann Scherchen, il a également travaillé avec Pierre Schaeffer au sein du Groupe de recherches musicale de la R.T.F. avant d’être nommé professeur au Conservatoire de Reims et à celui de Paris. Il enseignera également à Montréal, Cambrai ou Marseille.

Claude Ballif (D.R.)

Il créé une synthèse entre la musique atonale et tonale : la métatonalité, utilisant une gamme de onze tons. Ses oeuvres prennent des titres humoristiques et surréalistes, comme Airs comprimés, Pièces détachées, Voyage de mon oreille ou encore A cor et à cri.
Sa foi religieuse lui fait composer Quatre antiennes à la Sainte Vierge.
Il compose pour soprano et piano, en 1949, les Chansons bas sur les poèmes de Stéphane Mallarmé. Claude Ballif meurt le 24 juillet 2004.

Colloque « La Voix et ses échos: autour de Mallarmé »

Colloque « La Voix et ses échos: autour de Mallarmé »
Université du Québec à Montréal
25 et 26 octobre 2013
Dès Les Mots Anglais (1877), Mallarmé évoque la nécessaire « lecture à voix haute des bons auteurs » comme critère d’appréciation, ce dont il réaffirme le principe dans ses Notes sur le
langage posthumes: les effets du poème seraient ainsi « prononcés par la voix intérieure de notre esprit » durant l’acte de lecture courant. Dans les mêmes notes, il remarque de plus que les rapports entre le sens et la lettre « s’ils existent, ne le font qu’en vertu de l’emploi spécial, dans un mot, de tels ou tels organes de la parole ». Traduire le Corbeau de Poe l’aura en outre initié à l’obsession sonore comme amorce du procès créateur.
La fameuse Crise de vers affirme aussi contre l’inertie usuelle des mots écrits que le poète fait du dire « avant tout, rêve et chant ». Car si le vers rémunère « le défaut des langues », Mallarmé nous dit que c’est par « des touches y répondant en coloris ou allure, lesquelles existent dans l’instrument de la voix ». Ainsi est-ce par analogie avec les vertus du souffle (anima) que le vers, « mot total, neuf, incantatoire » − c’est-à-dire tributaire d’un récitatif−, accède à l’horizon absolu du Livre, « Grand Œuvre » dont le Coup de dés se voulait l’amorce. Dominique Combe suggère en outre que ce grand « Poëme » réconcilie l’épique et le lyrique dans la forme mixte de l’Ode, laquelle répare « la perte de l’épos primitif1 », redonnant de facto à la modernité une Voix à ambition cosmogonique. En parallèle à la fameuse « disparition élocutoire du poëte, qui cède l’initiative aux mots » ayant inspiré divers formalismes, ne pourrait-on envisager que la réflexion de Mallarmé soit dotée d’un authentique souci de la Voix que traduit une ponctuelle nostalgie des conceptions antiques du Chant, les « mots » en question ayant au XIXe pour les linguistes en premier lieu une acception phonologique?
Ce colloque invite donc à travailler la Voix de Mallarmé et ses échos : soit, d’une part, de s’attarder aux résonnances de la Voix dans son œuvre critique et poétique, réalisée ou rêvée; soit, d’autre part, de considérer les échos de cette Voix chez d’autres écrivains et critiques de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe − fussent-ils sourds ou non à ses exigences.
Les propositions de communications (de 300 mots maximum) accompagnées d’une notice biobibliographique doivent être envoyées au plus tard le 15 février 2013 à l’adresse suivante :
colloquevoixmallarme@gmail.com
Comité organisateur :
Julien Marsot (Département d’études littéraires, UQÀM)
Luc Bonenfant (Département d’études littéraires, UQÀM)
(1) Dominique Combe, « Le récit poétique et la poésie narrative : la question de l’épique », L’Histoire et la géographie dans le Récit poétique, Sylviane Goyault (Dir. Pub.), Presses Univ. Blaise Pascal, 1997, p. 47

Les Contes indiens

 

En 1893, à la demande de Mery LAURENT, MALLARMÉ adapte les Contes Indiens de Mary SUMMER, publiés à Paris en 1878.
Mallarmé fera plus oeuvre d’adaptateur que de traducteur pour ces quatre contes (sur sept initalement) :

  • Le meurtrier par amour filial intitulé par Mallarmé Le Portrait Enchanté,
  • La Fausse Vieille,
  • Le Mort Vivant,
  • Nala et Damayantî.

Ces oeuvres ne paraîtront qu’en 1927 à l’initiative du gendre de Mallarmé, le Docteur Bonniot.

Le Portrait enchanté

Le Portrait enchanté est un extrait d’un texte sanskrit : Daśakumâracarita, l’« Histoire des dix princes », écrit par Dandin, au VIIe siècle.

La Fausse vieille

Le Mort vivant

Nala et Damayantî

D

Du côté de Jacques-Emile Blanche

Le peintre Jacques-Emile Blanche, auteur d’un portrait de Mallarmé, fait l’objet d’une exposition à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, à Paris, organisée avec le concours du Musée d’Orsay, du Musée des Beaux Arts de Rouen et de la Bibliothèque Nationale de France.

Une sélection de 70 oeuvres du peintre sera présentée, l’occasion de découvrir les nombreux portraits de la société artistique de l’époque de Mallarmé. 

Le site de l’exposition