Camarade Mallarmé. Une politique de la lecture

de Jean-François Hamel

Mallarmé a connu des vies posthumes que ne suffisent à conjurer ni le recours aux registres de l’état civil ni le retour au corpus de ses textes. À l’âge de l’existentialisme, les critiques littéraires inscriront la négativité de sa poésie dans les aventures de la dialectique. Aux grandes heures du structuralisme, les avant-gardes le croiront capable de réconcilier Marx et Saussure. Quand tomberont les statues de Lénine, les philosophes liront dans ses vers la mémoire d’un siècle de révolutions. Voici Mallarmé tel qu’en lui-même le XXe siècle le change. Cette tradition interprétative, qui prend à revers la question de l’engagement littéraire, nous invite à reconnaître l’inventivité polémique des gestes de lecture et d’interprétation. Car ce n’est pas les intentions de l’écrivain qui produisent la signification politique des textes, mais les stratégies herméneutiques des lecteurs. La politique de la lecture qui a inventé la figure du camarade Mallarmé est un art du contretemps, toujours à la limite de l’anachronisme, qui rend perceptible, dans la littérature d’autrefois, une force d’opposition et de rupture toujours actuelle. Le destin politique de Mallarmé illustre les tours et détours d’une lecture engagée.

 

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Des textes sur artyuiop.fr

Le site artyuiop.fr, animé par Dominique Petitjean, propose une bibliothèque de textes personnels et de textes d’Appolinaire, Baudelaire, Yves Bonnefoy et autres Marguerite Yourcenar. Parmi ces textes, signalons tout particulièrement le « nénuphar blanc », texte en prose de Stéphane Mallarmé, ici accompagné d’un texte de Jean-Paul Sartre, formant préface. Soulignons également la mise en page soignée des documents proposés ici. De même, quelques peintres, du XVème au XVIIème siècles, illustrent les textes. Une adresse à retenir et à faire connaitre.

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Le site artyuiop.fr, animé par Dominique Petitjean, propose une bibliothèque de textes personnels et de textes d’Appolinaire, Baudelaire, Yves Bonnefoy et autres Marguerite Yourcenar. Parmi ces textes, signalons tout particulièrement le « nénuphar blanc », texte en prose de Stéphane Mallarmé, ici accompagné d’un texte de Jean-Paul Sartre, formant préface. Soulignons également la mise en page soignée des documents proposés ici. De même, quelques peintres, du XVème au XVIIème siècles, illustrent les textes. Une adresse à retenir et à faire connaitre.

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Seyhmus Dagtekin

L’un des plus prestigieux prix littéraire français dans le domaine de la poésie vient d’être attribué à Seyhmus Dagtekin, auteur kurde qui se réfugia à Paris en 1987. Une manière de transposer dans l’ellipse du mot juste le souffle créatif qui balaye les contrées éloignées du Kurdistan. Un pays, un peuple, une culture trop souvent associés à une guérilla sans fin …

C’est donc sur son dernier livre, Juste un pont sans feu, paru au Castor Astral en juin 2007, que le jury, composé d’écrivains et de poètes, a jeté son dévolu. Un recueil qui embrasse la matière pour donner un sens à la rotation de notre terre qui semble parfois tourner à l’envers. « Je tente d’habiter un souffle », nous dit Seyhmus Dagtekin en guise d’introduction. Il se veut entier et multicolore comme les influences qui ont été siennes, tant à Ankara ou il étudia l’audiovisuel qu’à Paris où il découvrit la langue française, alors âgé de 22 ans.
Né en 1965 à Haroun, village kurde du sud-est de la Turquie, il est l’auteur de six recueils de poésie, dont cinq parus au Castor Astral, et d’un roman, À la source, la nuit, chez Robert Laffont. Il compte aujourd’hui parmi ceux qui renouvellent la langue poétique française. Son recueil Les Chemins du nocturne a obtenu le Prix international de Poésie francophone Yvan Goll et son roman s’est vu décerner, en 2004, la mention spéciale du Prix des Cinq continents de la francophonie.

La maîtrise de la langue française chez ce poète-là donne à voir une autre musique que celle jouée par des auteurs français pour la bonne et simple raison que la partition est interprétée par une sensibilité déjà encline à d’autres voyages que ceux inspirés initialement par la métrique française. Et c’est justement ici que se passe l’alchimie qui ouvre la langue et donne au poème cette fraîcheur parfois, cette intensité aussi, cette force surtout qui ferait déplacer les montagnes pour peu que l’on sache bien lire entre les lignes.

Car la poésie n’est pas que littérature, la poésie est musique, déesse des sens et art de l’oralité en tout premier, elle s’adonne parfois à être lue mais c’est dans l’idée d’une transgression, d’une profanation car elle n’est pas fille du silence.
Seyhmus Dagtekin l’a bien compris, lui qui nous invite à la première place de son concerto pour musique de chambre, lui le soliste qui interprète ses images dans un rituel inventif et bigarré, une ritournelle surréaliste sur laquelle il ose jongler avec les mots, leur sens, leur image, leur contre sens, leur ombre, leur symétrie, leur homonymie, leur travers aussi …

Construit comme une suite logique, une histoire qui serait narrée au coin du feu dans le crépitement des impossibles flammes pour illuminer cet espoir d’une main tendue, d’une réunion possible alors que la lumière serait obtenue autrement, dans l’asile d’un éclair dompté par le poète qui s’en tiendrait à son désir, humain, trop humain, dans l’éther du possible, réunir l’autre partie de lui-même en ce pont lointain et invisible qu’il tisse sur les braises des charniers, lui le candide en son jardin, sans tambour ni trompette, guide aussi d’une altérité volée, qui va sur la route de Damas cueillir la rose de la destinée … Livre brûlant brûlé à l’acide des larmes, au sel du désir, au piment de la beauté absolue tapie au creux des amours impossibles. Livre torchère. Sans feu. Sans brusquer ; sans dévoiler le tain qui se déchire derrière le rideau de l’Histoire. Demain, après-demain sans doute. Une autre fois, peut-être. Mais pourquoi attendre alors qu’ici, là, sous nos yeux, une virginité s’offre à nous pour nous plonger dans les eaux claires et limpides du renouveau ?

Seyhmus Dagtekin est entre le mage et le poignard : il ose, il frappe, il donne, il dénonce ; il saura aller trop loin, non un pont mais en tornade pour s’abattre sur la forme et la syntaxe, jouer les funambules et écrire, écrire la poésie moderne avec ou sans ponctuation, avec ou sans dialogues, avec ou sans rimes ; mais toujours dans l’esprit de l’exception.

Musique, maestro !

P.S.

Seyhmus Dagtekin, Juste un pont sans feu, Le Castor Astral, juin 2007, 93 p. – 10,00 €

Je dis… (A l’évidence…)

“Je dis: une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous les bouquets.” Stéphane Mallarmé, Divagations (1897), in Œuvres complètes, Gallimard, coll. “Pléiade”, 1945, p.858 Je dis: des vacances! et… j’oublie tout le… lire la suite sur bhrumeur.blog.lemonde.fr

Mallarmé hors frontières

Publication de Mallarmé hors frontières. Des défis de l’Œuvre au filon symbolique du premier théâtre maeterlinckien par Maria de Jesus CABRAL aux éditions Rodopi.

Présentation de l’éditeur :

Mallarmé hors frontières s’attache à dessiner un nouveau profil de Mallarmé et à découvrir la mobilité de sa pensée, contrariant certaines caractérisations irrémédiablement associées à son nom – hermétisme, obscurité, misanthropie vis-à-vis de la réalité historique –, résultant de lectures fragmentaires, souvent essentialistes de son œuvre.
L’impact de Mallarmé sur le Symbolisme est pourtant majeur. A partir de 1885 surtout, on assiste à une convergence d’idées, puis à un regroupement d’un vaste éventail de poètes autour du « maître » de la rue de Rome. Eclectique, « franco-étrangère », cosmopolite, cette génération est à l’image même du mouvement : on ne peut l’enfermer dans des frontières strictes, créant une dynamique d’échanges tout à fait exemplaire entre Paris et la Belgique.
Parmi les jeunes écrivains débutant dans l’effervescence symboliste, Maurice Maeterlinck est rapidement devenu un nom de proue de la rénovation du théâtre français. Auteur de La Princesse Maleine et de la célèbre Pelléas et Mélisande, le poète-dramaturge commence non seulement sa carrière sous les encouragements de Mallarmé, comme ses pièces révèlent de nombreuses passerelles avec l’œuvre du maître français, chez qui la recherche d’un théâtre nouveau constitue peut-être le véritable fil d’Ariane, depuis Hérodiade, le Faune et Igitur, jusqu’aux textes de la maturité.
Le premier théâtre maeterlinckien a donné à des principes comme la suggestion, l’effet et le mystère une dimension “active”, créant un filon symbolique du projet de Mallarmé, hors frontières, au seuil de la modernité.

Source : http://www.fabula.org/actualites/article18827.php

La musicalité de tout

Publication de l’essai d’Eric Garnier La Musicalité de tout
aux éditions Comp’Act :

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La musicalité de tout d’Eric Garnier vise à éclaircir ce qui constitue, dans la poétique de Stéphane Mallarmé, sa plus haute spécificité, à savoir son engagement total dans la conscience d’une prise en charge de l’ensemble des ressources du langage.
L’accent est mis sur la relation intrinsèque, mimétique, qui lie le son au sens dans le discours en général, de cette relation en rapport avec la symbolique propre du poète, en conséquence de l’utilisation de ces données comme bases méthodiques pour une lecture nouvelle de l’œuvre. Cette approche s’oppose donc souvent à une interprétation traditionnelle fondée sur des schémas consensuels ayant recours aux poncifs de l’analyse métaphorique, du contexte parnassien?
En se proposant d’entrer plus avant dans ce qu’il faut appeler « l’obscurité » de la poésie de Mallarmé, cette étude veut démontrer qu’il faut connaître, déterminer, ce qui fait la singularité de la voix du poète avant de saisir ce qu’elle dit, « ce que cela veut dire ». Ainsi l’investigation ne doit s’imposer aucune limite si ce n’est celle, nécessaire, de l’univocité du sens.

(présentation de l’éditeur)

Parution des « Cahiers Stéphane Mallarmé » n°3

Les Cahiers Stéphane Mallarmé n°3
Peter Lang
Automne 2006

Contenu :

Florent Albrecht : Livre musical et partition littéraire : le Coup de dés, poème asymptotique ?

Alexandre Bleau : Arthur Rimbaud au miroir de Mallarmé

Brigitte Bercoff : Mallarmé – Ponge : d’une poétique l’autre

Pascal Durand : « Ben, n’en v’la d’eune ‘Allégorie’ ». Allégorie et langue peuple : de Rictus à Mallarmé

Peter Hambly : Un article inconnu sur la mort de Mallarmé

Joachim Lacrosse : Mallarmé et Plotin

Dominique Lévy-Eisenberg : « Le Paraphe anonyme et parfait ». L’Après-midi d’un Faune illustré par Henri Matisse

Danielle Wieckowski : Mallarmé « cinéphile » et la réécriture des Contes Indiens de Mary Summer.

Comité de lecture:

Jill Anderson (Melbourne), Rosemary Lloyd (Indiana), Bertrand Marchal (Paris), Kan Miyabayashi (Tokyo), Roger Pearson (Oxford).

Rédacteur de la revue:
Gordon Millan

1 cahier par année

Prière d’adresser vos commandes à: Peter Lang SA, Moosstrasse 1, Case postale 350, CH-2542 Piterlen.

Source : http://www.fabula.org/actualites/article16113.php